Bonjour à toutes et à tous,
Suite de nos aventures… Nous avons déjà traversé un pays ! Le Cambodge.
Que le temps et les kilomètres passent vite ! C’est incroyable. Il y a encore 3 à 4 semaines de cela, je vous racontais notre parcours en Thaïlande, et maintenant, nous avons franchi une nouvelle frontière, celle du Vietnam. C’est vous dire que nous allons bien, nous avons retrouvé parfaitement notre rythme de nomades cyclo avec la Bête. Depuis une semaine donc, nous sommes au pays des chapeaux pointus (^), 2 jours après avoir passé la frontière, nous avons fait un arrêt de 3 jours sur Ho Chi Minh, encore mieux connue sous le nom de Saïgon et depuis quelques jours, nous continuons notre découverte de ce pays, plus à l’intérieur des terres, entre Saïgon, Dalat et Nha Trang. Mais tout cela est une autre histoire…
Nous tenons quand même à vous présenter, décrire et raconter ce qui nous est arrivé au Cambodge et ce que nous en retenons.
Le 26 Avril dernier, nous entrons au Cambodge au poste frontière de Poipet, après avoir obtenu sans trop de difficultés le visa pour un mois par l’immigration. Malgré tout, une tentative des douaniers cambodgiens de nous soutirer quelques dollars supplémentaires a été commise. Dommage pour eux, nous nous étions préparés et notre argument fatal a été de leur montrer leur belle pancarte affichée au-dessus de leur bureau et précisant le montant exact du fameux visa : “20 dollars”. Rien de bien méchant… Ils auront juste essayé ! Pour le Cambodge, le mot d’ordre est : cool !!! Nous ne voulons pas refaire un marathon comme en Thaïlande. Nous sommes restés au total 22 jours et nous avons effectué 737 km environ, en prenant du bon temps et en nous arrêtant plusieurs jours au même endroit. Nous avons traversé le pays d’Ouest en Est, en passant par Poipet, Sisophon, Siem Reap, Kompong Thom, Phnom Penh et Bavet.
Le Cambodge s’est ouvert récemment au tourisme, tout le monde aujourd’hui connait ce territoire essentiellement pour son grandiose Angkor et pour son pire côté, les Khmers Rouges et leur génocide. Mais nous le découvrons et apprenons sur ce pays au fur et à mesure de notre voyage, et là encore, il y a plus, il y a autre chose…
Notre premier arrêt se fait dans la ville de Siem Reap, située au nord du Lac Tonlé Sap, traversée par une rivière, entourée d’une campagne fourmillant de maisons sur pilotis, de rizières asséchées à cette période de l’année et servant de porte d’accès à un lieu prestigieux et historique, Angkor. Nous y restons 6 jours. Nous logeons dans un petit hôtel, le “Lovely Guest House”, trouvé grâce à l’aide d’un expatrié français, Frédéric. Celui-ci est propriétaire d’un restaurant, “Kanell”, et vit sur Siem Reap depuis 4 ans. Il nous met en contact avec un autre chef de cuisine, lui aussi français et lui aussi expatrié, qui gère la cuisine du plus bel hôtel de la ville “La Résidence d’Angkor” depuis 4 ans. Nous faisons connaissance, alors, avec Alexis qui s’occupe de nous toute une journée, en commençant au matin par le petit tour au grand marché de Siem Reap, le “Psaar Leu”, puis avec un cours de cuisine magistral avec son second, Samorn, et nous terminons notre soirée ensemble dans quelques bars branchés de la ville en échangeant sur nos différentes vies. Nous les remercions beaucoup tous les trois!
Nous ne pouvions rester à Siem Reap et passer à côté de la Cité de légende d’Angkor. Ce lieu marque une étape très importante dans notre voyage à vélo. Et d’ailleurs, c’est avec la Bête que nous choisissons de visiter les temples. Nous prenons le forfait de 3 jours afin de parcourir au mieux le site, de bien s’en imprégner et de profiter de ce lieu sacré. Le premier jour, nous réalisons le “petit circuit” avec le plus grand, le plus connu et le plus majestueux des temples, Angkor Wat. Il est le symbole mythique du Cambodge, nous le retrouvons d’ailleurs sur leur drapeau national. Le deuxième jour, nous sommes émerveillés par les ruines mélangées avec la nature et la jungle, par la vue imprenable du haut du temple-montagne, le Phnom Bakheng et notre échange photo avec de jeunes moines. Le dernier jour, nous avons triché et choisi de visiter les temples les plus éloignés en tuk-tuk. Nous faisons plus de 120 km dans la journée et découvrons un peu plus de merveilles comme le Banteay Srei. Pas de doute pour nous, Angkor est fidèle à sa réputation, à la fois tranquille, spirituel, magique, riche et harmonieux.
Comme la Thaïlande, le Cambodge est qualifié de pays du sourire, mais du sourire contagieux. Chaque fois que nous croisons ou dépassons à vélo une personne ou que nous nous arrêtons pour faire une petite pause, cela est prétexte aux habitants, jeunes et moins jeunes, de nous saluer d’un geste timide de la main ou avec plus d’entrain de nous scander un “HELLO !!!” Le plus amusant, ce sont les petites filles ou petits garçons qui tiennent à peine debout, qui essaient de courir vers nous, qui nous crient de toutes leurs forces “Heyo” et qu’ils finissent par nous envoyer des bisous avec la main. Trop craquant ! Les cambodgiens sont attachants et insouciants. Ils sont aussi très curieux et tactiles. Tous ressentent le besoin de toucher la Bête. Il est vrai que notre engin doit leur paraître étrange. Et vas-y que je tourne les pédales, que je dérègle les vitesses et plateaux, que je soulève la remorque,… Au bout d’un certain temps, j’avoue, c’est un peu énervant ! Mais bon, on s’y fait, et pis nous ferions certainement la même chose à leur place. Mais cela ne vaut pas les tirages de poils de David… Surtout de la part des femmes qui n’hésitent pas à lui tirer poils de jambes et poils de bras. Cela nous fait bien rigoler !
Entre Siem Reap et Phnom Penh, après avoir parcouru 72 km dans la journée, nous nous arrêtons dans un petit village, décidés de nouer contact avec des locaux et d’essayer de planter la tente dans leur jardin. Le hasard nous conduit chez une famille composée d’une grand-mère, de sa fille et de ses trois enfants, un garçon et deux filles. Tant bien que mal, nous réussissons à peu près à leur faire comprendre qui nous sommes et ce que nous faisons. La grand-mère accepte de nous accueillir et à partir de là, nous nous prenons au jeu de vivre comme eux. Nous nous douchons à la mode cambodgienne, nous cuisinons et mangeons ensemble, et finalement il est hors de question que nous dormons dehors dans notre tente, nous sommes invités à l’intérieur de chez eux pour y passer la nuit. Ce moment et cet échange nous touchent beaucoup et c’est avec les larmes aux yeux que le lendemain matin nous nous remettons en chemin. Nous nous sommes rendus compte que c’est très frustrant de ne pas se comprendre, la barrière de la langue est pesante et nous freine dans le fait de dormir chez l’habitant.
La campagne cambodgienne reste authentique, assez rurale et agricole. Nous traversons à perte de vue des tapis de rizières, des champs de cocotiers et de palmiers à sucre. Il est fréquent de croiser sur notre route des charrettes tirées par des énormes bœufs ou buffles, nous voyons tous les jours des paysans travaillés sur leur parcelle de terre, minutieux et soucieux de leur récolte. Dans chaque ville et village, les cambodgiens possèdent leur maison généralement sur pilotis pour échapper aux inondations de la mousson, un jardin avec un petit potager, et quelques animaux comme des poules, des canards, des vaches, des cochons,… Ils essaient d’être au maximum indépendants pour minimiser les dépenses. Leur moyen de transport le plus répandu est le “2 roues”, motorisé ou pas. Mobilettes et vélos ont le monopole sur les routes cambodgiennes. Dans les grandes villes comme la capitale et les coins touristiques, il y a bien sûr tuk-tuk, taxi, bus et pour les plus riches, le 4×4.
Contrairement aux autres continents, les rencontres avec des cyclo-randonneurs en Asie sont plutôt rares pour nous. Sur Siem Reap, nous avions eu l’occasion de croiser sur un marché un couple de français également en tandem. Mais celle qui nous marquera pour le Cambodge, ce sera la rencontre avec Julie et Pierre. Deux jours avant d’entrer dans la capitale, nous tombons sur un autre couple de français voyageant depuis une année et utilisant un drôle de moyen de locomotion : des vélos couchés. Nous restons ensemble quasiment 10 jours. C’est sur Phnom Penh d’ailleurs que nous partageons le plus notre expérience, nos opinions, nos rêves, nos projets,… Nous ne bougeons pas de la capitale durant 7 jours, confortablement installés dans une petite Guest House, et nous profitons pour faire nos différents visas pour les prochains pays, notamment, en ce qui nous concerne, celui du Vietnam que nous ne pouvons pas obtenir à la frontière. Nous prenons du bon temps, nous visitons légèrement la ville et surtout nous nous reposons, car la chaleur nous accable. Ce que nous retenons de Phnom Penh… En réalité, pas grand’chose. Pour une fois, cette capitale ne porte pas beaucoup d’intérêt, selon nous. Quelques rues et marchés, les quais, le musée du génocide des Khmers Rouges,…
Le lendemain après avoir quitté Phnom Penh, nos chemins se séparent avec Julie et Pierre du côté de Neak Luang. Tous deux se dirigent vers le Nord pour rejoindre le Laos, tandis que nous, nous partons vers l’Est, direction le Vietnam. Peut-être que nous nous recroiserons…
La population est jeune, nous croisons très peu de personnes âgées. Et pour cause, le génocide des khmers Rouge y est pour quelque chose. Le pays et la population ont vécu les pires souffrances dans les années 70. Cela a forcément détruit cette nation à tous les niveaux. Cette période noire et assez récente est encore bien présente dans les esprits. D’ailleurs, pour en savoir un peu plus sur le régime de Pol Pot et sur l’histoire du Cambodge, nous avons visité sur Phnom Penh, le musée du crime génocidaire du camp Tuol Sleng (ou camp S-21). Cauchemardesque et honteux ! Pour vous expliquer le phénomène, cela est comparable avec l’époque des nazis. Néanmoins, le Cambodge est un pays aujourd’hui qui est envahi d’aides internationales, d’associations et d’ONG. De nombreuses écoles, des orphelinats, divers équipements et autres sont construits et installés afin d’apporter une vie meilleure aux familles. Selon nous, un équilibre et une justesse doivent encore être trouvés pour une redistribution correcte de toutes ces aides, notamment dans les campagnes les plus reculées. Autre problème également, c’est celui de la corruption très présente dans ce pays.
Jusqu’à présent, pour ce qui est de la faune, pas de mauvaise surprise ou rencontre ! Nous avons vu quelques singes, oiseaux tropicaux, buffles d’eau,… Rien de spécial. Et sinon, même chose qu’en Thaïlande avec moustiques, fourmis rouges, serpents, lézards et araignées.
Si vous voulez en savoir plus, les photos du Cambodge peuvent être consultées sur le site. Nous avons également mis les recettes de la Thaïlande. Régalez-vous avec les yeux et les papilles !
Comme toujours et chaque jour, nous pensons très fort à vous, amis et familles, vous nous manquez terriblement. Pensées particulières à Pauline et Alexis : toutes nos félicitations et plein de bonheur ! Pensées particulières à Thomas : bonne continuation et félicitations !
Gros bisous à toutes et à tous,
Gaëlle et David.
